DETTE ET FONCTIONNAIRES
Sarko a avancé la proposition de ne remplacer qu'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite mais c'est une fausse bonne idée car çà n'apportera pas beaucoup d'argent frais à l'État.
En 4 ans, quelques 370.000 agents de l'État partiront en retraite. En remplacer un sur deux revient donc à supprimer 185.000 emplois , soit une baisse de 8% du nombre d'agents. Cette réduction des effectifs aboutirait à une économie d'un peu plus de 6 milliards d'euros, soit un peu moins de 0,4 point de PIB. Ce gain n'est pas négligeable mais les rentrées fiscales inattendues se sont élevées à 10 milliards d'euros. C'est presque deux fois plus en un an ! De même, si le PIB progressait de 0,2 point chaque année entre 2008 et 2012, les recettes fiscales augmenteraient de 8 milliards d'euros sur l'ensemble de la période.
Environ 80% des effectifs de la fonction publique appartiennent aux ministères de l'Éducation, de l'Intérieur et de la Défense. Ne pas remplacer un départ à la retraite sur deux impliquera nécessairement de tailler dans ces administrations. En clair, appliquer cette règle revient à réduire le nombre de policiers, de militaires et de professeurs. Cette promesse ne pourra donc pas être tenue en opérant quelques réductions des effectifs ici ou là. Elle entraînera une réelle transformation des administrations et une réduction de la place des services publics en France.
Les 6 milliards d'euros économisés en cinq ans représentent peu de chose au regard des 36 milliards d'euros de déficit et des 1.152 milliards d'euros de dette publique. Ce sont les dépenses de protection sociale qui augmentent plus rapidement que la croissance et qui creuse les déficits. Le financement des retraites et de l'assurance maladie pèse bien plus lourd dans la balance que la question du nombre de fonctionnaires.Cette proposition de non remplacement concerne généralement les seuls agents de l'État, mais ce sont les collectivités locales qui ont le plus recruté. Si les fonctionnaires de l'État sont remplacés par des agents territoriaux, cela revient au même pour les comptes publics.