L'inquiétude et les protestations contre le fichier
de police Edvige, qui devrait permettre aux services de renseignements de collecter des informations sur tout militant ou toute personne "susceptible de porter atteinte à l'ordre public", ont gagné
ces derniers jours les rangs de la majorité. Après les inquiétudes exprimées samedi par le ministre de la Défense Hervé Morin, c'est au tour du patronat, avec Laurence Parisot, de demander, lundi 8
septembre, des explications au gouvernement.
Ces prises de position avivent la mobilisation d'un collectif de syndicats, de partis et d'associations qui doivent donner une conférence de presse mardi à Paris et assurent avoir réuni plus de
100.000 signatures dans une pétition.
La présidente du Medef, Laurence Parisot, a demandé des explications lundi au ministère de l'Intérieur.
"C'est quelque chose qui me gêne beaucoup. Je suis assez troublée par ce que nous sommes en train de découvrir. Je note que nous n'avons pas été consultés alors que nous sommes concernés en tant
que militants de l'entreprise", a-t-elle dit sur RTL.
"Je souhaiterais que la ministre de l'Intérieur donne des explications. Je ne crois pas du tout que Michèle Alliot-Marie puisse être liberticide. Je crois qu'il faut que nous en sachions plus sur
ce dossier qui est effectivement très, très important", a-t-elle ajouté.
Les déclarations samedi du ministre de la Défense Hervé Morin dénonçant le fichier dans lequel il voit un "mélange des genres", puis celles de Laurence Parisot ont suscité des réactions variées au
gouvernement.