Grande mobilisation contre le retour de la directive "Bolkestein" sur les services Manifestation à Strasbourg le 14 février
article modifié le 15/2/06: rajout de liens
On la croyait enterrée. La directive Bolkestein pour la libéralisation des activités de services revient en force. Intacte. Le texte, menaçant pour les services publics et incitant au dumping social et fiscal sera voté, en première lecture, au Parlement européen, le 16 février, après un débat en plénière le 14. La Confédération européenne des syndicats et la plupart des syndicats français appellent, ce jour-là, à une grande manifestation contre la directive à Strasbourg. Les socialistes français, qui l’ont combattu depuis un an, défendront son rejet, en dépit du compromis trouvé le 8 février au Parlement européen sur le principe du pays d’origine qui a été retiré formellement de la directive. En réalité, selon les socialistes français qui se sont opposés, en vain, à cet accord, cela ne change pas la nature néfaste du texte, qui engendre un nivellement vers le bas des protections sociales.
Jacques Chirac, à son habitude, dit tout et son contraire, justifiant ainsi son célèbre surnom de « super menteur ». Sur ce texte, un seul objectif : faire croire que la directive Bolkestein n’est plus une menace.
En pleine campagne référendaire, il affirme, le 3 mai 2005 sur France 2 :
« La Commission a fait une proposition, dite « Bolkestein », fondée sur une notion qui était le « pays d’origine ». (…) Elle a été proposée, puis, on ne s’en est pas occupé, personne ne pensant sérieusement qu’elle avait des chances de passer, elle est ressortie. Nous avons pris une position claire : nous avons dit non. Et nous avons été suivis par une majorité de pays. »
« La notion de pays d’origine, qui était le cœur de la contestation de la directive Bolkestein, est repoussée et rejetée. Voilà, c’est fini, il y aura une autre organisation, d’autres propositions qui seront à nouveau discutées par le Conseil européen et par le Parlement, votées ou pas votées. »
En fait « d'enterrement », M. Chirac n’a rien obtenu du tout et la directive services poursuit son chemin dans le cadre de l'application de la procédure législative ordinaire de l'Union européenne. C’est le texte original du projet de directive qui est soumis au vote du Parlement européen, le 16 février. Et malgré les déclarations présidentielles, les députés UMP soutiennent l'essentiel de la directive, y compris le principe du pays d'origine et l'inclusion des services publics dans le champ d'application de la directive.
aujourd'hui grande manisfestation devant le parlement européen à Strsbourg, à l'initiative du CES (confédération européenne des syndicats ) et de divers mouvements opposés à cette directive
P lusieurs dizaines de milliers de militants syndicaux de toute l'Europe -40.000 selon les organisateurs, près de 30.000 selon une 1ère estimation de la police- ont commencé à manifester mardi 14 février à Strasbourg contre la directive "Bolkestein" sur les services.
En tête du cortège, qui s'est ébranlé à l'heure prévue (13H00), une grande banderole rouge de la Confédération européenne des syndicats (CES) demande en anglais des "services pour le peuple" ("Services for the people" et, en français, proclame: "il est temps de changer la directive".
Les socialistes français, belges et autrichiens trouvent le texte encore trop ambigu et demandent qu'il stipule explicitement que le droit applicable est celui du "pays de destination".
"La tension est toujours grande entre ceux qui défendent une Europe sociale et ceux qui veulent un marché libéral. Notre but était de créer un barrage entre ce libéralisme excessif, contre cette foi quasi religieuse dans le pouvoir du marché libre" a déclaré le président de la Confederation des syndicats européens
Vote jeudi 16 février sur la directive « Bolkestein » sur les services On la croyait enterrée. La directive Bolkestein pour la libéralisation des activités de services revient en force. Intacte. Le texte, menaçant pour les services publics et incitant au dumping social et fiscal sera voté, en première lecture, au Parlement européen, le 16 février, après un débat en plénière le 14. La Confédération européenne des syndicats et la plupart des syndicats français ont donc manifesté aujourd'hui contre la directive à Strasbourg et à Hendaye. Les socialistes français, qui l’ont combattu depuis un an, ont défendu son rejet, en dépit du compromis trouvé le 8 février au Parlement européen sur le principe du pays d’origine qui a été retiré formellement de la directive.
Les socialistes français rejettent la directive Services!
Les socialistes français au Parlement européen ont voté jeudi article par article pour repousser les aspects néfastes du projet de directive service initiale.
Ils ont réussi à obtenir, avec l'ensemble de la gauche européenne, toute remise en cause du droit du travail et de la protection sociale des travailleurs du champ d'application de la directive. Par ailleurs, ils ont également réussi à faire adopter l'exclusion des services sociaux, tels le logement social et les services d'aide à la famille.
Ils regrettent toutefois que tous les services publics ne soient pas exclus. Entre autres la gestion de l'eau, l'éducation, la culture, les services postaux, l'énergie et le stockage des produits dangereux qui se trouveraient ainsi soumis à la dérégulation.
Par ailleurs, la Délégation socialiste française a déposé un amendement demandant une directive-cadre sur les services d'intérêt général garantissant la pérennité de leur mission. Elle regrette que cet amendement ait été rejeté par l'assemblée dominée par la droite.
Enfin, les socialistes français ont voté le rejet du principe du pays d'origine (PPO). Ils ont défendu la distinction entre accès et exercice d'une activité et regrettent que malgré la suppression des mots "PPO" l'incertitude juridique persiste quant à la législation applicable en cas de litige.
La bataille continue dorénavant au Conseil en attente d'une seconde lecture du Parlement européen...