À Orange, Bompard sera-t-il victime d'une guerre fratricide ?
Le sortant va affronter une liste où figurent plusieurs de ses anciens adjoints ou amis
"Quand on a un bon maire, on le garde ! Je serai donc réélu par les Orangeois dès le premier tour !" Reprenant ce refrain sur tous les tons et à la
moindre occasion depuis plusieurs semaines, le MPF Jacques Bompard tient à afficher un visage résolument optimiste. D'ailleurs, pour mieux affirmer sa certitude d'être réélu pour un troisième
mandat dès le soir du 9 mars, il n'hésite pas à traiter avec une ironie certaine, voire un brin de mépris, les trois candidats qui s'opposent à lui.
Ses propos cuisants et ses analyses cinglantes visent particulièrement la liste divers droite menée par Michel Benlian et baptisée "Orange Transparence", sur laquelle figurent
plusieurs élus ou compagnons de route de sa majorité, devenus, aujourd'hui, ses pires ennemis. Ses adjoints Christian Blanc, Philippe Arnaud ou Pierre Roulph, son ancien directeur des services
Jeannot Chiozza, ses ex-amis Bernard Jaume ou Michel-Laurent Concetti...
Autant d'anciens collaborateurs, très populaires en ville, qui l'ont lâché pour faire, désormais, une féroce campagne contre lui. D'où la question: et si l'optimisme arrogant, arboré
ostensiblement par un Jacques Bompard altier, n'était destiné, en fait, qu'à camoufler sa vive inquiétude ? En effet, le maire sortant sait que c'est essentiellement dans son électorat que
cette "liste Benlian" siphonnera des voix. Il sait aussi qu'une poignée de pourcentages, grappillés parmi ses électeurs, serait suffisante pour l'empêcher de passer dès le premier tour.
Une seule liste contre le sortant au second tour ?
Or, s'il y a un second tour, toutes les hypothèses sont permises, notamment celle d'une liste unique contre lui. "À l'issue du premier tour, toutes les discussions et négociations seront
ouvertes", a clairement annoncé Pascal Vielfaure, qui conduit une équipe aux couleurs de l'UMP. Même s'il l'a fait avec moins de fermeté, le socialiste Jean Gatel, tête de la "liste de
Rassemblement Démocrate et Républicain" a laissé entendre, lui aussi, qu'au soir du 9 mars il serait ouvert au dialogue; ce qui est sûr, c'est que dans le large éventail (qui va du PC au MoDem,
en passant par un écologiste et des membres de la société civile ou de l'association citoyenne Orange Autrement) de ses colistiers, certains mettront tout en oeuvre pour le convaincre de
l'importance d'une liste unique le 16 mars, contre Jacques Bompard dans un seul but: bouter ce dernier hors de l'hôtel de ville.
Un objectif manifestement partagé (et revendiqué) par les membres "d'Orange Transparence"... Deux listes seulement au second tour... Voilà une éventualité sans doute redoutée par le sortant,
car susceptible de changer singulièrement la donne de ces municipales 2008.
Par Christine Blanc ( orange@laprovence-presse.fr )
