
Ce rapport fait une analyse historique "sans concession", selon les mots d'un socialiste qui a participé à sa rédaction, de la dette, qui n'a cessé de progresser au cours de ces vingt dernières années, sauf sous le gouvernement de Lionel Jospin (1997-2001).
Il ne s'agit pas forcément d'appliquer à la France une cure d'austérité, mais d'emprunter une voie nouvelle de bonne gestion, insiste le rapport. Ce dernier ne reprend pas, par exemple, l'idée d'avoir pour objectif de réduire le nombre de fonctionnaires mais de se servir des progrès techniques pour améliorer la productivité dans certaines administrations. Cela permettrait de dégager des moyens pour embaucher du personnel pour améliorer le service public dans d'autres domaines.
Le rapport fait 20 propositions. En voici quelques unes: stabiliser les dépenses de l'Etat (baisse réelle équivalente à l'inflation) et revenir à l'équilibre d'ici à 2010.
Contrairement à la politique voulue par le président de la République et menée depuis 2002, le rapport Pébereau appelle à interrompre les baisses d'impôts pendant la phase de désendettement. (3,5 milliards d'euros en moins en 2006). "Ce qui n'interdit pas de modifier la structure des prélèvements obligatoires pendant cette période", précise toutefois le rapport. En clair ne pas alourdir la fiscalité des plus riches
Il demande que les recettes exceptionnelles tirées par l'Etat, lors de la vente d'actifs par exemple, comme celle des autoroutes, soient systématiquement affectées à la réduction de la dette. En ce qui concerne les régimes sociaux, le rapport propose de rendre obligatoire, dès 2009, le vote par le Parlement de budgets sociaux à l'équilibre.
"La France vit au-dessus de ses moyens".Cette phrase avait profondément irrité certains : elle risquait de laisser croire que l'on accusait les Français d'avoir un niveau de vie trop élevé alors que la situation de l'emploi reste fragile et que le nombre d'allocataires de minima sociaux augmente.
La résorption de la dette demande un effort important de l'Etat, mais il faut qu'il reste réaliste et compatible avec le modèle social français. Il s'agit de se débarrasser du fardeau de la dette pour se redonner la capacité à agir.
"Notre mode de consommation induisant des gaspillages, fait que nous sommes en train d'hypothéquer l'héritage de nos enfants en continuant de vivre à crédit, fibnancés par l'appauvrissement des pays du sud. Est-il raisonnable de continuer ainsi?" note du blogueur
La gauche qui approuve la sévérité du diagnostic , n'accepte pas les remèdes proposés par le gouvernement.
Affaire à suivre.
Le gouvernement veut faire croire que la gauche ne sait pas gérer.Les chiffres apportent un cruel démenti à cette affirmation. Depuis 25 ans, la gauche a gouverné près de 15 ans et la droite 10 ans. La dette a augmenté de 16 points sous la gauche (soit +1,1 point par an) ; et de 28 points sous la droite (soit + 2,8 points par an). Le constat est sans appel : depuis 25 ans, la dette augmente deux fois et demi plus vite chaque année quand la droite gouverne que lorsque c’est la gauche.
Il faut ajouter que le seul gouvernement qui a réussi à faire baisser la dette est un gouvernement de gauche, celui de Lionel Jospin, et que les seuls gouvernements qui se sont mis en dehors des critères de Maastricht sur la dette sont des gouvernements de droite, ceux de JP Raffarin et D. de Villepin. La plus rapide hausse de la dette, notre pays l’a connue avec Nicolas Sarkozy comme ministre délégué au Budget, la dette passant de 41%, en mars 1993 à près de 51% en mai 1995, soit +5 points par an !
Dans le rapport PEBEREAU :on peut souligner ce passage
"En fait, lors des périodes d’amélioration de la situation économique, les suppléments de recettes inattendus sont rapidement considérés comme des « cagnottes » qui n’ont pas vocation à diminuer le déficit et à rembourser la dette, mais à être rendues aux citoyens, soit sous la forme de dépenses supplémentaires, soit par des baisses d’impôts".
L’expression « l’apparition du terme de cagnotte dans les médias » est particulièrement savoureuse ! Ce terme n’est en effet pas apparu subrepticement dans les médias. Il a été employé pour la première fois par le Président de la République, Jacques Chirac, lors de son allocution télévisée du 14 juillet 1999 et ensuite popularisé par ses amis politiques. On trouve sur Internet au mot « cagnotte » un entretien de Lionel Jospin avec PPDA en mars 200, où le premier ministre est obligé d’expliquer comment il va rendre les considérables recettes supplémentaires aux français. Et un sondage qui montre la baisse de sa popularité en raison de cette affaire.
La responsabilité de l’actuel chef de l’Etat est donc grave dans cette affaire. Les rédacteurs du rapport n’ont malheureusement pas été jusqu’à citer son nom mais l’expression est transparente !
Si la dette d'un pays n'a rien de comparable avec l'endettement d'une famille, on peut affirmer que ses conséquences sont extrèmes pourtant sur la consommation et le pouvoir d'achat.
Le poids de la dette nationale plombe les budgets publics. Les fonds utilisés à la rembourser, ne sont pas redistribués vers la population. La politique ultra-libérale et la mondialisation accroissent les richesses personnelles des multinationales au détriment de la croissance.
Si le clivage s'accroît entre pauvres et riches dans notre pays, c'est la conséquence de la dette. L'impôt sur les hauts revenus s'infléchit, les taxes et impôts locaux augmentent au niveau régional (conséquences des défauts du financement de la décentralisation).
La politique de l'emploi actuelle porte atteinte à l'économie : l'obligation d'emploi, par exemple celle des handicapés est remise en cause par la loi de 1987 qui apporte la dérogation nécessaire à leur non-embauche (contribution à l'AGEPHIP, contrats de sous-traitance avec les CAT). Le contrat nouvelle embauche entraine des déréglementations du droit du travail et la marchandisation des salariés. Les délocalisations et leur lot de licenciements. Le chantage des chefs d'entreprises qui remettent en question les 35 heures, etc...
La remise en cause des systèmes de protection sociale, les déréglementations, les exclusions, les inégalités, la fracture entre les pays du Nord et ceux du Sud font que la pauvreté augmente. Et, avec le refus du traité constitutionnel voici les symptômes du refus du rééquilibrage entre les dimensions économiques et sociales qui entraînent la lente mais inexorable augmentation de la pauvreté.
Si les coûts du travail, des politiques sociales, de l'action sociale sont sous les projecteurs, c'est bien parce que pour rembourser la dette l'Etat a besoin d'alibis ou de têtes de turcs (sans jeu de mots).
Alors que la dette est grande les riches paieront moins d'impôts.Le Conseil constitutionnel a confirmé l'article de loi plafonnant les impôts directs à 60%, contre l'avis des parlementaires de gauche. Le Conseil constitutionnel, qui avait été saisi par des parlementaires socialistes et Verts sur la réforme de l'impôt sur le revenu dans le budget 2006, a donné son feu vert jeudi 29 décembre à l'article plafonnant les impôts directs à 60% des revenus.
Le Conseil "a admis la conformité à la Constitution de l'article 74" (instaurant un "bouclier fiscal"), qui "plafonne la part des revenus d'un foyer fiscal affectée au paiement d'impôts directs", a-t-il indiqué dans un communiqué.
Cette réforme fiscale s'applique à partir de 2007.
Le Conseil a en revanche émis une réserve sur la réforme de la taxe professionnelle, qui exonère les entreprises de la part de cette taxe excédant 3,5% de sa valeur ajoutée.
es restaurateurs remettent le couvert à propos de la baisse à 5,5 % de la TVA sur la restauration. Développer l'emploi constitue, nous dit-on, la raison première de l'instauration d'une telle mesure. On promet 40 000 emplois , qui sont à rapporter au coût brut de cette mesure pour les finances publiques : environ 3 milliards d'euros. Ainsi chaque emploi créé coûterait la bagatelle de 70 000 euros .