CONFÉRENCE AGORA
Geneviève Fraisse :
«Le consentement : un concept politique ?»
Mardi 29 avril 2008 à 20h30
Lycée de l’Arc (salle polyvalente)
ORANGE
Geneviève Fraisse, philosophe, est directrice de recherche au CNRS. Ses travaux portent sur l’histoire de la controverse des sexes du point de vue épistémologique et
politique. Ses recherches l’ont amenée à conceptualiser le «service domestique», la «démocratie exclusive», la «raison des femmes», les «deux gouvernements»,
le «mélange des sexes» et, plus récemment, le «consentement». Elle a également travaillé avec les historiennes, notamment pour la synthèse de l’Histoire des femmes en
Occident (1991, Plon 2002). Ancienne déléguée interministérielle aux droits des femmes (1997-1998), elle a été députée européenne (1999-2004) et produit à France Culture l’émission «
L’Europe des idées ».
Elle a notamment publié :
Le privilège de Simone de Beauvoir, Actes Sud, avril 2008 ; Du consentement, Seuil, 2007 ; Le mélange des sexes, Gallimard-jeunesse, 2006 ; « A côté
du genre », Masculin-féminin (coll)/, La Découverte, 2004 ; La controverse des sexes, PUF, 2001 ; Les deux gouvernements : la famille et la cité, 2000, Folio
Gallimard, 2001 ; Les femmes et leur histoire, Folio Gallimard, 1998 ; La différence des sexes, PUF, 1996 ; Muse de la raison, démocratie et exclusion des
femmes en France, 1989, Folio Gallimard, 1995 ; Clémence Royer, philosophe et femme de sciences, La Découverte, 1995, réédition 2002 ; Femmes toutes mains, essai sur
le service domestique, Le Seuil, 1979.
Sa conférence :
On pourrait croire que l’acte de consentir
relève de l’intimité la plus grande, mélange de désir et de volonté dont la vérité gît dans un moi profond. Or ce terme a pénétré l’espace public comme un argument de poids. La raison du
consentement, utilisée pour défendre le port du foulard, ou exercer le métier de prostituée, s’entoure de principes politiques avérés, la liberté de choisir, offerte par notre droit, et la
résistance, la capacité de dire non à un ordre injuste. Car - l’âpreté de l’établissement d’un viol nous le rappelle - dire « oui », c’est aussi pouvoir dire « non ». Un
travail sur le consentement conduit à une pensée du lien, du mouvement de l’un vers l’autre. Par là commence, ainsi, la construction d’un monde