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LIBERATION

Le gouvernement ne veut pas augmenter le Smic ni le RMI, mais il a autorisé une hausse des consultations médicales, Le gouvernement est dur pour les pauvres et tout doux pour les riches(
voir article d'hier)
Le RMI ne bouge pas d'un centime. Il reste stable à 440,86 euros net pour une personne seule sans enfant; 661,29 euros pour une personne seule avec un enfant ou un couple sans enfant; 793,55 euros pour une personne seule avec deux enfants ou un couple avec un enfant.
Le Smic, comme annoncé par le gouvernement, ne bénéficie donc pas de coup de pouce supplémentaire à l'augmentation légale: il grimpe donc de 2,1% soit 0,17 euros par heure.
Le complément de ressources des bénéficiaires de l'Allocation aux adultes handicapés (AAH) ne sera pas valorisé. Le montant maximum de l'AAH reste fixé, jusqu'au 31 décembre, à 621,27 euros par mois pour une personne handicapée.
Les allocations chômage sont revalorisées de 1,95%.
La consultation des médecins généralistes grimpe d'1 euro, à 22 euros. Et de 31 à 32 euros pour la visite à domicile.
Côté transports, les billets de la SNCF augmentent à 10 centimes à 2,9 euros, mais les prix du TGV ne bougent pas.
Le commerce extérieur français affiche un déficit de 15,3 milliards d'euros au premier semestre. L'hexagone est encore une fois le mauvais élève de la zone euro. Premier exportateur mondial, l'Allemagne enregistre un excédent commercial de 97 milliards d'euros sur la même période.Et on ne peut accuser nos coûts de production industriels, puisqu'ils diffèrent très peu des coûts allemands. La structure géographique de nos exportations n'explique pas davantage les problèmes français. Si nous avions la même que l'Allemagne, notre situation ne serait pas meilleure. Il n'est pas normal par ailleurs que nous n'ayons pas profité de la nouvelle richesse des producteurs de matières premières et des pays émergents. Les Allemands, eux, sont passés de 100 à 300 milliards de dollars par an d'excédents commerciaux hors énergie. Les Français ont stagné à une trentaine de milliards.
Quel est notre problème? A en croire certtain cette nouvelle dégradation tient surtout aux faiblesses structurelles de l''économie française. En clair, le pays
manque d'entreprises exportatrices. «Le déficit actuel s'explique en grande partie par la faible densité du tissu industriel français en entreprises moyennes» .
En pratique, le gouvernement propose d'étendre le crédit impôt-recherche et de simplifier les procédures administratives. Ces mesures seront-elles
suffisantes?
Certes, la BCE, pour rassurer les marchés, n’a pas augmenté ses taux d’intérêt le 6 septembre dernier, contrairement à ce qui était prévu, « mais j’ai trouvé curieux d’injecter des liquidités sans baisser les taux ». Pour le chef de l’État, « on a fait des facilités pour les spéculateurs, on complique la tâche pour les entrepreneurs ». Ravi de ses « coups de boutoir », I l a aussi accusé Peer Steinbrück, le grand argentier allemand avec lequel il a eu une vive prise de bec le 9 juillet dernier (Libération du 13 juillet) d’avoir une « vision comptable des choses ». « Que la croissance soit à 1,9 % ou 2,3 %, au fond cela ne change pas grand-chose, car, ce que je veux, c’est 3 % »…
Le président de l'eurogroupe s’est gentiment moqué de son homologue : « je ne commente pas les propos en l’air. Ils ont bien été
tenus dans un avion, non ? » Le président de la Bundesbank, lui, a réagi avec un mépris à peine déguisé, les Allemands n’ayant pas l’habitude de plaisanter avec la monnaie :
« le degré de nouveauté des propos du Président est nul, leur influence sur les décisions de la BCE l’est aussi ». Le ministre des finances
autrichien considère aussi que « la BCE agit de façon appropriée, correcte ».
Même, la ministre française de l'économie , a déclaré à un journaliste de Reuters que « la BCE est une institution indépendante, il n'y a pas de débat à ce propos, et nous
sommes tous très contents de ce que la BCE a fait cet été face (...) aux turbulences sur les marchés financiers ». Mais il est vrai que la déclaration a été faite vendredi, avant que les
déclarations de Sarkozy ne soient connues...
Ce qui a frappé tout le monde , c’est l’incroyable amateurisme de Sarkozy qui ne semble pas savoir de quoi il parle. Ainsi, les centaines de milliards d’euros de prêts à très court terme accordés aux banques par la BCE ont déjà été récupérés et n’avaient pour objet que d’éviter l’implosion du système bancaire, qui aurait nui gravement à l’ensemble de l’économie, et non d’aider les « spéculateurs ». Le président de la BCE l’a souligné : « le monde entier sait que nous avons lutté contre la spéculation et les spéculateurs ».
De même, considérer qu’une baisse de la croissance de 0,5 % n’est pas grave, car on vise 3 % l’an est un raisonnement qui en a laissé plus d’un bouche bée.
Enfin, chacun se demande si le Président a conscience qu’il fait de la politique à crédit, sur le dos de ses partenaires : si le franc existait encore, ses déclarations auraient déclenché une
crise monétaire grave qui aurait coûté cher à la France.
La sortie de Sarkozy ne fait que souligner davantage le total isolement de la France sur les sujets monétaire et financier. A quoi sert Christine Lagarde
qui s’est, une nouvelle fois, retrouvée désavouée et en porte-à-faux vis-à-vis de ses collègues ?
SCANDALE BOURSIER
L’Autorité des marchés financiers chargée du contrôle des opérations boursières, vient de déclarer que les ventes d’actions du groupe EADS au printemps
dernier était un délit d’initiés mettant en cause les actionnaires dont le principal Arnaud LAGARDERE, ami du Président. Ce que tout le monde soupçonnait plus ou moins vient d'éclater au grand
jour . Dans ce dossier on pourrait penser que tout sera fait pour ralentir la procédure judiciaire. Les juges avaient déjà ordonné des perquisitions au siège du groupe EADS et à celui de son
actionnaire Lagardère. Mais souvenez vous aux journées du MEDEF, l'organisme des patrons, , Sarko avait dit qu’il voulait dépénaliser les manquements au droit des affaires. Le document,
transmis au Parquet de Paris, conclut à " un délit d'initiés massif commis entre novembre 2005 et mars 2006, avant que les difficultés d'Airbus ne soient rendues publics et que
l'action d'EADS s'effondre ", selon Le Figaro. Le rapport est particulièrement " accablant pour les groupes Lagardère, DaimlerChrysler, actionnaires d'EADS, ainsi
que pour les principaux dirigeants du groupe européen et de sa filiale Airbus ". Ceux-ci " ont vendu les actions avant de rendre tardivement publiques les
difficultés d'Airbus, ce qui a provoqué un effondrement des cours ", poursuit le quotidien.
Toujours selon le Figaro, " le ministère des Finances également informé des difficultés à venir, a pourtant donné, à l'époque, son feu vert à la vente des actions détenues
par Lagardère ".
Daimler Chrysler et Lagardère ont vendu chacun… 7,5% du capital soit 2 milliards d’euros. Ils ont choisi la " vente à terme, c'est-à-dire réalisée en 2007 pour bénéficier des nouvelles mesures fiscales favorables, mais sur la base des cours de 2006 ", explique le Figaro.. Mais ce qui est pire c’est qu’ils étaient supposés connaître les " nouvelles mesures fiscales favorables " qui allaient être prises dès le début du nouveau septennat.
Noël Forgeard l’ancien directeur de EADS a réalisé une plus-value de 2,5 millions d'€ et les ventes d'actions réalisées par ses enfants avaient rapporté un
million de plus-value supplémentaire. De son côté, Jean-Paul Gut a réalisé une plus-value de 1,15 million d'€.
Il est vrai que LAGARDERE avait déclaré qu’il ne savait pas qu’il y avait des problèmes dans la société qu’il avait pour mission de surveiller.
Un certain nombre de questions se posent inévitablement pour n’importe quel citoyen soucieux de comprendre : L’Etat savait-il effectivement avant la vente massive des actions qu’EADS avait des problèmes de retard dans la canstruction des Airbus ? On peut penser que oui et la caisse des dépôts qui s'occupe des intérêts industriels de l'Etat avait racheté ces actions au prix fort.
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Le gouvernement a décidé d'augmenter le Smig de 8 petits centimes et en brut, pas de coup de pouce, tradition qui ne s'était pas reproduite l'année dernire.. La hausse du salaire minimum au 1er juillet se limitera à 0,9 % (8,71 euros brut de l’heure, 1 037,53 euros net mensuels), après une première revalorisation mécanique de 2,3 % en mai dernier, en raison d’une inflation galopante.
C'est la seule action qu'a le gouvernement pour augmenter les salaires du privé, l'augmentation est basée sur l'inflation et l'augmentation du salaire moyen ouvrier. Cette aumentation touche environ 15% dela population active. Le calcul de cette augmentation pourrait bientôt être déléguée à une commission, le gouvernement se priverait ainsi du seul outil dont il dispose pour faire évoluer les salaires du privé, au moment où les économistes annoncent une perte du pouvoir d'achat des français
A qui profite la hausse ?
Le baril de brut flambe, les consommateurs trinquent. En France, les marins pêcheurs et les routiers dénoncent les taxes de l'Etat, d'autres
s'en prennent aux profits de Total, Nicolas Sarkozy accuse les spéculateurs, certains politiques reprochent aux pays producteurs de ne pas pomper assez dans leurs réserves.
1000 milliards de dollars. C'est le trésor de guerre engrangé par les pays producteurs de pétrole en 2007t calors que , le prix du baril était 70 dollars «seulement» !
Aujourd'hui, il a frolé les 140 dollars,. En cinq ans, le prix de l'or noir a été multiplié par 6, faisant littéralement exploser les bénéfices des pays producteurssurtout du moyen -orient, grâce
aux exportations de pétrole, la bagatelle de 250 milliards d'euros. L'Arabie Saoudite vient d'accepter d'ouvrir un peu plus ses vannes mais cela ne changera rien
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27 milliards d'euros engrangés par Exxon Mobil l'an passé, 18 milliards pour Shell, plus de 12 milliards pour Total. 65 milliards d'euros c'est le bénéice des majors. Le socialiste
Bertrand Delanoë n'est pas le seul à vouloir mettre les «goinfres» au régime. Aux Etats-Unis, le candidat démocrate Barack Obama a lui aussi répété durant sa campagne qu'il était
favorable à la taxation des profits des compagnies pétrolières. . Les marges des pétroliers, de l'ordre de 7% à 8%, n'ont rien d'exceptionnel. Elles sont en tout cas inférieures à celle d'EDF
(10%). Total reconduira l'aide destinée aux ménages les plus démunis pour remplir leur cuve de fioul. Un geste qui lui coûtera moins de 150 millions d'euros. Une paille comparé au 1,8 milliard
d'euros que le groupe a consacré au rachat de ses propres actions l'an dernier.
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Quelle est la responsabilité des spéculateurs dans la flambée du baril ?Les fonds spéculatifs qui se tournent massivement vers les matières premières influencent forcément le prix du
brut. Mais les experts restent partagés sur leur poids réel. Combien de millions de barils s'échangent chaque jour dans le monde ? Impossible à mesurer.
Le grand gagnant de la hausse est indiscutablement l'Etat. Regardez la décomposition du prix d'un litre d'essence . En France, à 1,50 euro le litre, le pays producteur perçoit 45
centimes, la compagnie pétrolière 8,5 centimes, et les finances publiques, via la TVA et la TIPP, de 70 à 85 centimes ! Plus les impôts sur les sociétés Iil y a dix ans,le baril
s'était effondré à 10 dollars depuis, son prix a été multiplié par 13 et la course aux énergies de substitution demeure une priorité. C'est au moment du premier choc pétrolier que la France
s'étaitt dotée de son parc nucléaire.